Eloge de la gratuité
Dans ce monde complexe et inquiet, il serait urgent de lancer une campagne pour valoriser la gratuité, des gestes, des signes, des actions de solidarité faites de manière anonyme, etc. Il va falloir nous débarrasser des réflexes liés à l'intérêt et à l'utile. Et si on ne faisait rien qui nous rapporte quelque chose ? On pourrait essayer. BELBYED LEILA
Le festival d’ Essaouira
le festival d’Essaouira, aîné des manifestations musicales « grand public » qui s’apprête à souffler sa dixième bougie, reste la référence absolue en termes de marées humaines venues d’autres villes. Phénomène de société, dépassant le cadre de la musique, il a attiré en 2006 plus de 450 000 spectateurs, désirant s’aérer la tête et les oreilles au son des 140 artistes appelés à s’y produire. Fait notable (et admirable), Essaouira a pris un gros risque cette année en programmant, en concert de clôture, un incontrôlable Rachid Taha se castagnant avec le public pour imposer sa musique. Agé d’à peine deux ans, le festival de CASABLANCA ? Quand à lui, a vu son affluence atteindre le record de 3,3 millions de spectateurs !
Avec des pointes à un million de spectateurs pour les concert d’ouverture et de clôture, ou se produisaient notamment Khaled et Samira Saïd. Jouant sur du velours avec une population cible de plus de 6 millions d’habitants, le festival a cependant réussi à attirer un public issu d’autres villes, même s’il n’est pas encore une destination « wek-end entres potes » comme essaouira. Plus au sud, le festival de timitar a confirmé la rapidité de sa montée en puissance. Accueillant 37 artistes lors de la première édition, il y a trois ans, la manifestation gadirie est passée à 65 artistes invités en 2006, attirant de grosses pointures (certes un peu has been) à l’image de Jimmy Cliff. Avec seulement deux scènes, timitar a réussi à convaincre 600 000 spectateurs avec une moyenne journalière de 80 à 100 000 spectateurs.
Et miracle, toutes ces foules ont fait la fête sans incidents notables. Comme quoi, la peur de la « Faouda » des marées humaines, qui a longtemps hanté les esprits sécuritaires, relevait plutôt de la paranoïa.

Belbyed Leila
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